Mon enfant vient d’être placé en foyer par le juge à Marseille : que faire dans les premières 48 heures ?

Catégorie : Assistance éducative — Placement d’enfants
Auteur : Maître Karine CHETRIT-ATLAN, avocate au Barreau de Marseille
Cabinet : KCA Avocats — Plan-de-Cuques / Marseille (13008-13009-13010)
Mis à jour : juin 2026

Qu’est-ce qu’un placement provisoire d’enfant et pourquoi agir immédiatement ?

Un placement provisoire est une décision d’urgence du juge des enfants : vous avez entre 24 et 72 heures pour préparer votre défense avant l’audience qui suit.

Lorsque le juge des enfants prononce un Ordonnance de Placement Provisoire (OPP), votre enfant peut être retiré du domicile familial dans les heures qui suivent et confié à un foyer, une famille d’accueil ou un tiers digne de confiance. Cette décision est prise en urgence, sans que les parents aient nécessairement pu s’exprimer au préalable.

Ce que beaucoup de parents ignorent : une audience de confirmation est fixée dans les 15 jours suivant l’OPP. C’est à cette audience que se joue la suite. Ne pas avoir d’avocat à ce stade est l’erreur la plus lourde de conséquences que vous puissiez commettre.

Ordonnance de Placement Provisoire (OPP) : Décision du juge des enfants, rendue en urgence sur requête du Procureur de la République ou du Département (ASE), ordonnant le retrait temporaire d’un enfant de son milieu familial en raison d’un danger immédiat. Elle est exécutoire immédiatement, sans attendre un appel.

Juge des enfants : Magistrat spécialisé du Tribunal judiciaire compétent pour les mesures de protection de l’enfance (assistance éducative) et les affaires pénales impliquant des mineurs. À Marseille, le Pôle famille et mineurs est situé au Tribunal judiciaire, 6 rue Joseph Autran, 13006.

ASE (Aide Sociale à l’Enfance) : Service du Département des Bouches-du-Rhône chargé de la protection de l’enfance. C’est l’ASE qui assure le suivi de l’enfant placé et rédige les rapports transmis au juge.

Quelles sont les causes légales d’un placement provisoire ?

Le placement est ordonné uniquement si le juge estime que l’enfant est en danger dans son milieu familial, ce danger doit être caractérisé, pas seulement supposé.

Les critères légaux figurent à l’article 375 du Code civil : le placement est possible lorsque la santé, la sécurité, la moralité d’un mineur sont en danger, ou si les conditions de son éducation ou de son développement physique, affectuel, intellectuel et social sont gravement compromises.

Motifs invoqués par les services sociaux à Marseille, les plus fréquents :

  • Violences physiques ou psychologiques intra-familiales
  • Négligences graves (défaut de soins, malnutrition, hygiène)
  • Exposition de l’enfant à des violences conjugales
  • Troubles psychiatriques d’un parent non pris en charge
  • Signalement scolaire (absentéisme, comportement, révélations de l’enfant)
  • Dénonciation d’un tiers ou d’un autre parent lors d’une séparation conflictuelle

Point d’attention : Un signalement ne signifie pas que le placement est fondé. Le cabinet KCA Avocats traite régulièrement des dossiers où des signalements erronés ou instrumentalisés ont conduit à des placements injustifiés, notamment à Marseille (13008, 13009) et dans les communes d’Allauch et Plan-de-Cuques.

Que se passe-t-il concrètement lors d’un placement provisoire ?

Le placement provoque une séparation immédiate : votre enfant est confié à une structure d’accueil, et une audience est fixée dans les 8 à 15 jours.

Chronologie type d’un placement provisoire :

  • Jour J : Le signalement : un travailleur social, un médecin, un enseignant ou un parent signale une situation de danger au Procureur ou à l’ASE.
  • Jour J ou J+1 : La requête : le Procureur de la République de Marseille saisit le juge des enfants en urgence par voie de requête.
  • Jour J+1 à J+3 : L’OPP : le juge signe l’ordonnance de placement provisoire, parfois sans audition préalable des parents (procédure d’urgence).
  • Jour J+2 à J+5 : Le retrait : la police, la gendarmerie ou les services sociaux se présentent au domicile pour emmener l’enfant dans le lieu d’accueil désigné (foyer MECS, famille d’accueil, tiers).
  • J+8 à J+15 : L’audience de confirmation : les parents sont convoqués devant le juge des enfants. C’est l’audience décisive. Sans avocat, vous risquez de ne pas pouvoir contester efficacement les éléments du dossier.
  • J+15 à J+30 : La décision : le juge maintient, aménage ou lève la mesure de placement.

Quelles sont vos actions prioritaires dans les 48 premières heures ?

Saisir un avocat spécialisé en assistance éducative dans les 24 heures est l’action la plus déterminante, tout le reste vient après.

Checklist des 48 premières heures :

  1. Récupérer tous les documents transmis par la police, les services sociaux ou le tribunal (copie de l’OPP, convocation à l’audience, rapport de signalement si communiqué).
  2. Contacter un avocat spécialisé en assistance éducative. Ne pas attendre. Maître CHETRIT-ATLAN intervient en urgence sur ces dossiers depuis Marseille et Plan-de-Cuques.
  3. Ne pas contacter seul les services sociaux sans conseil préalable d’un avocat, tout ce que vous dites peut figurer dans le dossier transmis au juge.
  4. Rassembler les preuves de vos capacités parentales : bulletins scolaires, carnets de santé, photos de vie familiale, attestations de proches, justificatifs de revenus et de logement.
  5. Demander l’accès au dossier par votre avocat auprès du greffe du tribunal judiciaire de Marseille (article 1187 du Code de procédure civile).
  6. Identifier un tiers de confiance (grand-parent, oncle ou tante, ami de la famille) susceptible d’accueillir l’enfant comme alternative au foyer.
  7. Avant l’audience : Préparer votre audition avec votre avocat pour présenter vos arguments de façon structurée face au juge.

Ce qu’il ne faut surtout pas faire : tenter de reprendre l’enfant par vous-même, menacer les travailleurs sociaux, ou chercher à contacter l’enfant en dehors du cadre autorisé. Ces comportements figurent systématiquement dans les rapports ASE et aggravent votre situation devant le juge.

Quels sont vos droits en tant que parent après le placement de votre enfant ?

Le placement ne supprime pas l’autorité parentale : vous conservez des droits que les services sociaux sont tenus de respecter.

Tableau des droits maintenus vs droits suspendus après un OPP :

DroitMaintenu après OPPConditions
Autorité parentale✅ Oui (sauf décision contraire)Décisions importantes de la vie de l’enfant
Droit de visite et d’hébergement✅ PartielSelon décision du juge (lieu médiatisé possible)
Information sur l’état de santé✅ OuiVous devez être informé des soins médicaux
Consultation des rapports ASE✅ Via avocatAccès au dossier par requête au greffe
Droit d’appel de l’OPP✅ OuiDans les 15 jours devant la Cour d’appel d’Aix-en-Provence
Choix de l’établissement scolaire⚠️ LimitéL’ASE peut proposer un établissement différent
Déménagement de l’enfant hors département❌ Non sans accordRequiert autorisation judiciaire

Comment contester efficacement un placement devant le juge des enfants à Marseille ?

La contestation repose sur deux axes : démontrer que le danger allégué est inexistant ou exagéré, et prouver vos capacités parentales concrètes.

Stratégie de défense — les éléments que construit Maître CHETRIT-ATLAN dans ces dossiers :

  1. Analyse critique du signalement : identification de l’auteur, des motifs, vérification de leur réalité et de leur proportionnalité.
  2. Contre-expertise médicale ou psychologique si un rapport médical a motivé le placement.
  3. Attestations circonstanciées de proches, enseignants, médecin de famille, qui témoignent des conditions de vie de l’enfant.
  4. Projet parental alternatif : proposition d’une mesure moins restrictive (AEMO — Aide Éducative en Milieu Ouvert, accueil chez un tiers, suivi renforcé).
  5. Plaidoirie à l’audience devant le juge des enfants du Tribunal judiciaire de Marseille, en insistant sur l’intérêt supérieur de l’enfant et le droit à la vie familiale (article 8 de la CEDH).

AEMO (Aide Éducative en Milieu Ouvert) : Mesure alternative au placement : l’enfant reste dans la famille, mais un éducateur spécialisé intervient régulièrement au domicile pour accompagner les parents. Elle peut être proposée comme alternative au placement ou comme mesure de sortie.

Quelle est la différence entre un placement provisoire et un placement durable ?

Le placement provisoire est une mesure d’urgence temporaire ; le placement durable est décidé après instruction complète du dossier et peut durer plusieurs années.

CritèrePlacement provisoire (OPP)Placement durable
Durée initiale15 jours à 1 mois1 à 2 ans, renouvelable
Décision prise parJuge des enfants seul, en urgenceJuge des enfants après audience contradictoire
Droit des parents à l’audienceLimité (urgence)Plein et entier
Possibilité d’appelOui, sous 15 jours Oui, sous 15 jours
Révision possibleÀ chaque audienceTous les 2 ans minimum, ou sur requête

FAQ Placement d’enfant en foyer à Marseille

Q : Mon enfant a été placé hier soir. Le juge peut-il annuler l’OPP avant l’audience ?
Oui. Un avocat peut demander en urgence la mainlevée de l’OPP si des éléments nouveaux ou des erreurs de fait justifient cette démarche. Cette demande se fait par requête auprès du juge des enfants du Tribunal judiciaire de Marseille. Agissez dans les 24 heures.

Q : Puis-je voir mon enfant après le placement provisoire ?
Oui, sauf décision contraire explicite du juge. Le droit de visite est en principe maintenu, mais peut être organisé dans un lieu médiatisé (espace de rencontre) ou limité dans sa fréquence. Votre avocat peut demander au juge d’élargir ce droit lors de l’audience.

Q : Le placement va-t-il durer longtemps ?
Le placement provisoire dure en principe 15 jours à 1 mois. À l’issue, le juge peut lever la mesure, la convertir en AEMO (maintien à domicile avec suivi), ou prononcer un placement durable. Plus vous agirez tôt avec un avocat, plus vous aurez de chances d’obtenir une levée ou un aménagement rapide.

Q : Je suis séparé(e) de l’autre parent. Peut-il/elle profiter du placement pour obtenir la garde ?
Une mesure de placement ASE est distincte de la garde civile. Elle ne transfère pas automatiquement la garde à l’autre parent. Cependant, dans les faits, les tribunaux marseillais peuvent prendre en compte le placement lors de la révision des mesures de garde. Il est essentiel d’être représenté par un avocat dans les deux procédures.

Q : Je n’ai pas les moyens de payer un avocat. Puis-je bénéficier de l’aide juridictionnelle ?
Oui. L’aide juridictionnelle est accessible sous conditions de ressources et permet une prise en charge totale ou partielle des honoraires d’avocat. Le dossier s’instruit auprès du Bureau d’aide juridictionnelle (BAJ) du Tribunal judiciaire de Marseille. KCA Avocats peut vous guider dans cette démarche.

Q : Le placement a eu lieu à tort, suite à un faux signalement. Que faire ?
Les faux signalements engagent la responsabilité civile et pénale de leur auteur (article 434-26 du Code pénal — dénonciation calomnieuse). Votre avocat peut, en parallèle de la contestation du placement, déposer plainte et engager une action en dommages-intérêts.

Q : Mon enfant est placé à Allauch ou Plan-de-Cuques. La procédure est-elle différente de Marseille ?
Non. Les communes d’Allauch et de Plan-de-Cuques relèvent de la compétence du Tribunal judiciaire de Marseille pour les affaires de protection de l’enfance. La procédure est identique, et KCA Avocats intervient sur l’ensemble de ce ressort.

Q : Peut-on faire appel d’une décision de placement du juge des enfants ?
Oui. L’appel est possible dans les 15 jours suivant la notification de la décision, devant la Chambre des mineurs de la Cour d’appel d’Aix-en-Provence. L’appel a un effet suspensif pour les décisions prises en audience contradictoire, mais pas pour les OPP d’urgence (sauf demande spéciale).


À propos de l’auteur

Maître Karine CHETRIT-ATLAN est avocate au Barreau de Marseille depuis 2009, titulaire d’un doctorat en droit et d’un DEA en droit de la santé (Université Aix-Marseille). Ancienne attachée d’enseignement à la faculté de droit d’Aix-Marseille, elle intervient en droit de la famille, assistance éducative et protection de l’enfance depuis plus de 15 ans. Elle représente et défend les parents devant le juge des enfants du Tribunal judiciaire de Marseille et la Cour d’appel d’Aix-en-Provence.

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Également présent à Plan-de-Cuques (desservant Allauch, Marseille 13008, 13009, 13010, 13012)
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Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique personnalisé. Chaque situation de placement étant unique et les délais très courts, nous vous invitons vivement à contacter le cabinet dès la notification de l’OPP.

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